Historique et présentation de la wilaya de Mascara

Apercu Historique:

Les repères préhistoriques de la Wilaya de Mascara appuyées par la découverte près de Tighennif en 1925 de restes de fossiles humains remontant à plusieurs milliers d'années confirment l'ancienneté et la permanence de la présence de l'homme dans cette région (l'Homme de Palikao). Plusieurs sites préhistoriques et néolithiques ont été localisés à Mascara, Hacine, El Keurt,      Bou-Hanifia et Sig qui ont très certainement précédé la romanisation.

Tous auraient fait partie du royaume de SYPHAX.

La présence romaine riche est variée comme l'atteste les ruines des principales localités de la région: AQUAS SIRENSE (les eaux de Sia) CASTRA NOVA (Mohamadia), SIRA (Hacine), TASA CORRA (Sig) C’est pourtant l'islamisation des populations locales qui va entraîner un mouvement de fondation de véritables cités.

Les historiens attribuent au Qorayshite Rachid Ibn Morched la fondation vers l'an 800 de Mascara d’aujourd’hui.

Aux Xléme, XIIIéme siècles la puissance des Beni Rached fait que leur Qala'a domine la plaine de Ghriss. Parents de Bani Zaroual qui un temps avaient tenu la région,Les Bani Rached vont étendre les conflits politico–militaires en alliance avec les Zyanides de Tlemcen La ville de Qala'a devient non seulement une place forte mais aussi un centre économique et artisanal. L'arrivée fin du XVéme siècle des Hachem va mettre un terme à cette prospérité de Qala'a au profit de Mascara.

Devenus makhzen des Zianides, les Hachems occupent la plaine de Ghriss.

Mascara devient le siège du Khalifat des Zianides. Hassan El Wazzani rapporte dans ses écrits ce que fut la richesse économique de Mascara aux XVIéme et XVIIéme siècles : Orge- miel – raisins secs - bétail, enrichissent les caisses de l'Etat de Tlemcen.

C'est cette vie intellectuelle que le Bey Mohamed Ben Othman va encourager et protéger à Mascara de 1779 à 1792 date de l'installation du siège de Beylik à Oran.

Le Bey Mohamed Ben Othman surnommé El Kébir aura marqué de son sceau Mascara

Début du 19ème siècle, Mohamed Ben Abdelkader Ben Chérif prend la tête de la révolte contre le système Turc décadent et Mascara est devenue la capitale régionale contre Beys despotes appartenant à une période révolue, c'était la révolution des Derkaouas contre l'empire Ottoman agonisant.

Le 23 Novembre 1832, El Hadj Abdelkader qui a 24 ans est élu pour diriger la résistance à l'occupation Française.

Mascara devient de 1832 à 1841 la capitale d'un Etat dont le jeune Emir s'attache à creuser les fondations. Il y organise son administration et son armée, reçoit les consuls étrangers, procède à des aménagements urbains.

La ville est attaquée et brûlée le 07/12/1835 par le général Clauzel et le Duc d'Orléans, puis occupée définitivement en 1841 et intégrée au nouveau système mis en place.

En 1914 la révolte des Beni Chougrane contre la conscription rappelle encore ces luttes du XIXème siècle.

Les exploits de Djillali El Gataâ et Bouziane El Kalai bandits d'honneur sont encore une lame de résistance sociale et politique.

L'élection à la mairie en 1920 de personnalités proches de l'Emir Khaled, les premières cellules de l'étoile nord Africaine en 1933, font et montrent que malgré ses succès économiques, la colonisation a fort à faire face à la jeunesse nationaliste qui se mobilise autour du P.P.A-MTLD,O.S et le F.L.N. Durant la révolution, la région a connu des grands moments de bravoures et de sacrifice comme l'attestent les grandes batailles d'El Manaouer, El Kef Lassfar, Stamboul, Bouatrouss et autres.

PRESENTATION GENERALE DE LA WILAYA DE MASCARA:

La Wilaya de Mascara est limitée à l’Est par les Wilayate de Tiaret, et Relizane, à l’Ouest par la Wilaya de Sidi Bel Abbes, au Nord par les Wilayate d’Oran et de Mostaganem et au Sud par la Wilaya de Saida. Elle s’étend sur un territoire d’une superficie de 5.135 Km².

Administrativement la Wilaya est subdivisée en 47 communes réparties sur 16 Dairate.

La population au 1er Janvier 2014 est estimée à 878.109 habitants compte tenu de l’accroissement démographique dont le taux est de l’ordre de 1,81 %.

La densité moyenne de la population est de 171 Hab/Km².

Au plan de l’espace physique, la Wilaya recouvre quatre zones homogènes :

Zone 1 : les plaines de Sig et de Habra au Nord

Zone 2 : Les monts des Beni-chougrane, en amont

Zone 3 : les hautes plaines, au Centre

Zone 4 : les monts de Saida, au Sud


 

ZONE 1 : PLAINE DE HABRA ET SIG

Cette zone occupe 10 communes (ZAHANA, SIG, BOUHENNI, MOHAMADIA,  EL GHOMRI, SIDI ABDELMOUMENE, MOCTA DOUZ, RAS AIN AMIROUCHE, OGGAZ, ALAIMIA) pour une population de 278.807 habitants et une superficie totale de 1.306 Km2 soit 25 % du Territoire de la Wilaya Elle se caractérise par un climat semi-aride et aride tempéré avec une pluviométrie inférieure à 300 mm/an.

Au niveau de cette zone la remontée des sels a influé sur le patrimoine agricole (agrumes-oliviers) dû à la dégradation des réseaux d’irrigation et de drainage des périmètres irrigués.   

ZONE 2 : LES MONTS BENI-CHOUGRANE

C’est une chaîne continue de montagnes située entre les plaines de Habra-Sig au Nord et la haute plaine de Ghriss au Sud. Elle couvre 18 communes MASCARA, CHORFA,  EL GUETHENA, AIN FRASS, HACINE, EL KEURT, EL GAADA, MAMOUNIA, AIN FARES, KHALOUIA,  EL BORDJ, BOU HANIFIA, SEHAILIA,  SIDI ABDELDJEBBAR, OUED EL ABTAL,                        EL MENAOUER, FERRAGUIG, SEDJERARA) pour une population de 292.685 habitants et une superficie totale 1.618 Km2 soit 32% de la superficie de Wilaya.

- Les sols sont pauvres et la pluviométrie varie de 30mn à 350mn par an.

- L’érosion est intense et ses effets sont visibles à l’envasement des barrages.

- Le relief est accidenté et présente une forte sensibilité à l’érosion.

ZONE 3 : LA HAUTE PLAINE DE TIGHENNIF-GHRISS.

Elle se caractérise par la richesse de son potentiel Agricole .Elle s’étend sur 12 communes (AIN FEKAN, GUERDJOUM, OUED TARIA, TIZI, FROHA, GHRISS, MATEMORE, SIDI BOUSSAID, MAOUSSA, TIGHENNIF, HACHEM, SIDI KADA) pour une population de 260.650 habitants et une superficie totale 1.366 Km2 soit 27% de la superficie de la Wilaya.

Elle reçoit en moyenne 300 à 350 mm/an et renferme une nappe phréatique actuellement surexploitée.

ZONE 4 : LES MONTS DE SAIDA

Située au Sud de la Wilaya, cette zone couvre 7 communes (MAKDHA, NESMOTH, ZELAMTA, AOUF, GHARRROUSS, AIN FERRAH, BENIANE) pour une population de 45.967 habitants et une superficie de 845 Km2 soit 16 % de la Superficie de la Wilaya.

Elle se caractérise par un climat subhumide frais avec des précipitations qui varient entre 300 à 350 mm /an et elle constituée de sols favorables à la mise en valeur viticole et fruitière où de nombreuses forêts sont localisées. 

CLIMAT:

Le climat est de type méditerranéen avec une tendance à la semi- aridité. Les changements de temps et les chutes de pluies se manifestent surtout à la fin de l’automne et au début du printemps.

Au niveau des plaines du Nord, l’influence des vents marins régularise les pluies pendant une partie de l’année. La présence de brouillard très épais à la fin du printemps. La pluviométrie est en moyenne de 450 mm/an.

Au niveau des monts des Beni-chougrane et des monts de Saida, l’influence de l’altitude et des vents d’ouest apporte à la région une humidité très bénéfique.

Au niveau des hautes plaines, le climat est semi-aride avec une irrégularité des chutes de pluies et l’absence des vents marins. La présence du sirocco est fréquente.

Tout le territoire de la Wilaya est soumis au phénomène de la gelée qui dure en moyenne 22 jours par an.

ATOUTS ET CONTRAINTES DE DEVELOPPEMENT DE LA WILAYA

1- ATOUTS DE DEVELOPPEMENT:

  • De grandes potentialités de développement hydro-agricoles favorisées par la disponibilité de ressources superficielles mobilisées importantes et l'existence de plaines à forte potentialités favorables au développement des Cultures irriguées.
  • Une  surface agricole utile (S.A.U) évaluée à 61 % et pouvant être augmentée par le biais des actions complémentaires liées à la relance de l’activité agricole au niveau des zones de montagnes et de piémonts.
  • Existence de quatre (04) barrages en exploitation et 15 infrastructures de petits barrages et retenues collinaires.
  • La Wilaya dispose en outre de plusieurs sites naturels en mesure de recevoir la réalisation de nouveaux barrages et retenues collinaires.  
  • L'existence de 12 stations de lagunage facilitant le traitement des eaux usées destinées à l'irrigation arboricole.
  • Possibilité de création des unités de transformation dans l’agroalimentaire.
  • La disponibilité d'un potentiel industriel important de près de 500 has situés principalement dans les zones de Mascara. Mohammadia,Sig et Oggaz.
  • Des potentialités en gisements utiles intéressantes pouvant être développées dans le cadre de la P.M.E et P.M.I (exploitation de l'argile, de la pierre, du marbre, des agrégats etc…).
  • Des potentialités touristiques intéressantes dans le domaine du thermalisme et des sites historiques.
  • Une position géographique stratégique, faisant de la Wilaya un carrefour de l'ensemble de l'Ouest Algérien en direction de l'ensemble des régions du pays (Ouest, Est, Nord, Sud) favorisée par un maillage assez dense des différents réseaux routiers, la mise en service du tronçon de l’autoroute Est-Ouest qui traverse le territoire de la Wilaya sur 78 Kms, le réseau ferroviaire en cours de réhabilitation, et l’existence d’un aéroport de type C à Ghriss.

2-CONTRAINTES DE DEVELOPPEMENT:

La Wilaya dispose d’atouts considérables comme elle est confrontée à quelques difficultés susceptibles de ralentir son développement. Ces contraintes peuvent être résumées comme suit :

-Le  phénomène d’érosion  des sols et en particulier la chaîne montagneuse des Béni Chougrane ayant entraîné la dégradation avancée du couvert végétal et l’envasement des barrages engendrant la diminution des capacités de mobilisation d’eau, dont le taux moyen de remplissage est de 25% à fin 2009.

-Le phénomène de sécheresse due à la baisse de 40% de la pluviométrie enregistrée sur les 25 dernières années (une moyenne de 500 à 300 mm).

-Ces deux phénomènes ont eu pour effet, la diminution de plus de 60% des superficies des deux périmètres irrigués de Habra et Sig où le volume d’eau alloué a été réduit de 30 millions de m3 à 10 millions de m3 à l’exception de ces deux dernières années.

-La surexploitation des eaux souterraines aggravée par le phénomène de sécheresse, a eu pour effet le rabattement de la nappe de 32 mètres sur les 15 dernières années, provoquant des restrictions sur la mobilisation des eaux destinées à l’irrigation.

-Transfert des eaux des zones favorables vers des zones défavorables sur des longues distances engendrant du surcout et des difficultés dans l’exploitation.

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